?php echo do_shortcode( '[breadcrumb]' ); ?
Grenoble, Snapchat sert aux dealers pour recruter leurs « petites mains »

Grenoble, Snapchat sert aux dealers pour recruter leurs « petites mains »

Le quartier Mistral à Grenoble est le théâtre d’un régulier trafic de drogue. Pour le faire fonctionner, les dealers ont besoin de petites mains. Pour recruter chez les jeunes, ils n’hésitent pas à recruter via Snapchat.

Véritable petite annonce ou simple canular ? C’est en tout cas une petite offre d’emploi pas tout à fait comme les autres qui vient d’être passée à Grenoble via Snapchat, l’application gratuite de partage de photos et de vidéos disponible sur tous les smartphones. Sous l’intitulé « On recherche des guetteurs », des dealers ont lancé mercredi dernier un appel à partir d’un compte baptisé « Mistral Capital du Stup ».

Le choix de Snapchat n’est pas fortuit : il s’agit d’un des réseaux sociaux préférés des jeunes. Détails du poste, profil recherché, horaires, rémunérations : l’annonceur a donné tous les détails selon Le Dauphiné Libéré qui raconte l’histoire.

Ce n’est pas la première fois que des dealers passent par des applications pour soutenir leur business. Ainsi à Toulouse, des dealers utilisaient Google Maps pour positionner leur « Plan Weed » sur la carte.

Centres d’appel et livraison à domicile

Les modes de trafic ne cessent de se diversifier. Certains trafiquants ont même mis en place des centres d’appel et assurent la livraison à domicile. Leurs numéros se transmettent par bouche-à-oreille ou dans les bars et boîtes branchés.

« Les lieux traditionnels de deal se sont trouvés de plus en plus dérangés par la présence policière liée à la création des zones de sécurité prioritaire (en 2012) et aux attentats depuis 2015. Ça gêne les trafiquants et aussi les usagers, devenus plus réticents à se déplacer », explique Michel Gandilhon, chargé d’études à l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT).

Ce système offre une sécurité à des clients mais aussi aux trafiquants qui, en organisant des petites structures cloisonnées où le chef de réseau, les « standardistes » et les « livreurs »n’ont en général aucun contact entre eux, se trouvent moins exposés. Les « Stups » parisiens ont démantelé deux de ces plateformes en novembre, en Seine-Saint-Denis.